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Entre les bocaux d’épices, les cuillères en bois et les recettes qui mijotent, je partage ici une cuisine vivante, joyeuse et attentive aux ingrédients.
Je vous parle de ce que je cuisine, de ce que je choisis — ou évite — au supermarché, de lecture d’étiquettes, mais aussi de mes rituels bien-être, de mes plongées dans l’eau froide et de ma manière de concilier plaisir, vitalité et écologie.
Les épices sont mon fil rouge : elles éveillent les papilles, invitent au voyage et rappellent qu’il est possible de prendre soin de soi sans jamais renoncer à la gourmandise.

Glaces d’été : entre plaisir, conscience et simplicité
J’ai un faible irrésistible pour le café glacé. Oui, je sais… En médecine chinoise, on nous rappelle souvent qu’il est préférable d’éviter le froid, et encore plus le glacé, car cela peut affaiblir la digestion et déséquilibrer l’énergie interne. Mais je suis humaine, et je crois fermement qu’une vie sans petits plaisirs serait bien terne.
De temps en temps, je m’offre un café glacé. Et de temps en temps, je m’offre aussi une coupe de champagne. Ces moments-là, je les chéris. Ils ne sont pas quotidiens, mais ils comptent. Comme je le dis souvent : je ne suis pas prête à renoncer ni au champagne, ni à mon café glacé. L’équilibre, pour moi, c’est aussi savoir s’accorder des moments de douceur, en toute conscience.
Deux sorbets, deux approches
Récemment, j’ai comparé deux glaces de glaciers artisanaux — et les différences m’ont interpellée.
Paleta Loca propose un sorbet abricot-verveine d’une simplicité désarmante : abricot bio du Valais, infusion de verveine bio du Valais, sucre bio. Trois ingrédients, tous locaux, tous reconnaissables. C’est la promesse d’un produit brut, sincère, presque fait maison.
Chez Kalan, le sorbet orange-romarin affiche une composition plus complexe : jus d’orange fraîchement pressé (Europe), sirop de glucose, sucre de canne, sucre CH/DE, romarin CH, gomme de guar, farine de graine de caroube, citron.
Sur l’étiquette nutritionnelle, les deux sorbets affichent la même quantité de sucre et le même nombre de calories.
Ce que cachent les étiquettes
Mais derrière ces chiffres se joue une tout autre histoire. Le sirop de glucose, présent dans le sorbet Kalan, est un produit ultra-transformé, issu de l’industrie agroalimentaire. Contrairement au sucre classique, il est souvent obtenu par hydrolyse de l’amidon (blé ou maïs), et peut avoir un index glycémique très élevé.
La gomme de guar et la farine de graine de caroube, bien que d’origine naturelle, sont des additifs raffinés utilisés comme épaississants et stabilisants. Ils témoignent d’une recette plus industrielle, conçue pour une texture parfaite et une conservation optimisée.
Faire simple, comme à la maison
C’est là tout le paradoxe : deux produits peuvent sembler équivalents sur le papier, mais raconter des histoires nutritionnelles très différentes. L’un célèbre la transparence et le terroir, l’autre trahit une logique industrielle, même sous une apparence artisanale.
Heureusement, il est tout à fait possible de faire simple — comme à la maison. Avec quelques fruits de saison, un peu de sucre (ou de miel), et une touche d’infusion, on peut créer des glaces gourmandes et respectueuses du corps. Parce que manger, c’est aussi choisir ce qu’on met dans son assiette… et dans son cœur.
